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17 septembre 2020
Portrait - L’expatriation : une décision familiale

Hélène MANGUIN-SALOMON Ingénieur Montpellier Supagro (2000)

Cela fait maintenant huit ans que nous sommes partis de France. Ce fut une décision familiale de s’expatrier, d’aller dé- couvrir d’autres façons de vivre et de travailler. Mon mari fut le plus rapide à trouver (il est enseignant), moi je travaillais à l’époque pour une société de sondage dans le domaine agricole.

MADAGASCAR

Après une vie parisienne à 100 à l’heure nous voilà frai- chement débarqués sur l’île de Madagascar. Nous avons la chance d’être très bien accueilli par ses collègues, la com- munauté française et les nombreux agros travaillant sur place pour divers projets. Les démarches administratives ne sont pas toujours faciles mais cela se fait en français avec l’aide de personnes déjà rodées. On me donne l’opportuni- té d’occuper des postes très divers : prof de maths, respon- sable de plateau téléphonique, responsable d’étude de filière pour une ONG, ingénieur de recherche en vue d’une thèse et enfin directrice commerciale de la plus grosse société de sondage de Madagascar. On me donne des responsabilités que je n’aurais jamais eu si j’étais restée en France. Je suis rémunérée localement, donc peu payée, mais l’expérience en vaut la peine.

La différence sociale est importante, il n’est pas facile de se lier à la population. Mais les voyages et les rencontres que nous y faisons sont inoubliables.

APRÈS QUATRE ANS NOUS DÉCIDONS DE CHANGER DE CADRE PROFESSIONNEL ET FAMILIAL.

Une opportunité s’ouvre pour mon mari aux Etats-Unis, plus précisément à Was- hington DC. Nous faisons le grand écart en terme de niveau et de style de vie. L’installation n’est pas aussi simple qu’à Madagascar, du fait de la langue et de la complexité de l’administration. Les lois peuvent varier d’un Etat à l’autre. Cette fois-ci encore, la communauté française et expatriée est d’un grand soutien. Le plus compliqué est peut être d’acheter   34  


une voiture à crédit vu que nous n’avons pas d’historique de crédit (concept assez flou du système bancaire américain  et qui est absolument nécessaire pour effec- tuer un prêt à taux convenable aux Etats- Unis). Cette fois-ci la différence culturelle est encore plus grande et se lier avec des Américains n’est pas aussi facile que nous le pensions.

Je finis par trouver des activités profes- sionnelles diverses et intéressantes mais les démarches administratives freinent leur développement.

 

RETOUR AUX SOURCES

Nous sommes aujourd’hui sur le départ (retour prévu en juillet 2018), cela fait longtemps que nous sommes partis de France et nous souhaitons reprendre pied dans notre culture et nous rapprocher de la famille ; pouvoir apprendre à nos en- fants aussi ce que c’est qu’être Français. Je sais que le chemin administratif et lo- gistique sera long pour réintégrer le sys- tème français, mais ceci est aussi l’une des choses qu’il faut avoir en tête au moment d’un départ à l’étranger.

Je ne sais pas si nous repartirons un jour mais je ne regrette aucun de nos choix d’expatriation. Ces changements régu- liers nous ont permis de nous séparer du superflu et de réfléchir régulièrement au cadre de vie personnel et professionnel que nous souhaitions.

 

Agro du monde



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